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Bibliothèque numérique Medic@ : Odontologie |
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Eléments biographiques
L'ouvrageest divisé en trois parties : La première, je considère les Dents dans leur état naturel, la deuxième renferme leurs Maladies & leurs Remèdes, la troisième enseigne les moyens de les conserver en bon état (p. xj). Première partie : De la physiologie des DentsFidèle en beaucoup de points à Fauchard, la gomphose en particulier, Geraudly est loin d’être très clair concernant le délicat problème de la cause de la chute des dents de lait : Les sentiments sont partagés. Les uns veulent que la portion de la Dent renfermée dans l’Alvéole, étant composée de Sucs qui ont formé la portion extérieure de la Dent de Lait, doit résister aux secousses & aux efforts de la Mastication que la portion extérieure ne peut soutenir. Les autres veulent que chaque Alvéole qui renferme les Dents de Lait ait deux germes ; que celui qui est dessous ayant pris nourriture, pousse la première Dent produite par le premier Germe ; que celle-ci affermie & plus exposée aux efforts, s’ébranle, sort & cède la place à celle qu’a produit le second Germe. Comme il y a plusieurs phénomènes inexplicables par la première opinion, nous nous arrêterons à la seconde (p. 19-20). Deuxième partie : Des maladies des dentsL’odontalgie ou maux de dents Il n’y a point de maladies qui exposent les petits Enfans à tant d’accidens que la sortie des Dents (p. 24). Les Molaires présentant une surface plate, ne scauraient percer sans causer une grande douleur ; elles sont quelquefois si violentes qu’elles causent la mort (p. 28). [ Suivent les soins préventifs et curatifs des plus classiques et hippocratiques pour les plus sensés] . À l’instar de Bernardin Martin, il bannit les nourrices qui percent la gencive avec l’ongle. Chez l’adulte, elle [ l’odontalgie] n’est causée que par l’inflammation du périoste (p. 34). Elle sera plus ou moins dangereuse selon le caractère de l’humeur en cause et les parties affligées. Si elle est accompagnée de fâcheux Symptômes comme de Fièvres, de Convulsions, les Membranes du Cerveau sont en risque d’être enflammées, & jettent le malade dans un danger évident (p. 36). Saignées, Topiques doux et anodins, Cataplâmes émollients et anodins seront plus efficaces que les Masticatoires, âcres et Gargarismes (p. 37-8). De la carie des Dents Geraudly est novateur dans sa recherche des causes de la Corrosion de la substance des dents (p. 40). Il faut donc que les Sucs que transmettent les Vaisseaux dans la substance de la Dent étant âcres & corrosifs, en détruisent les parties internes ; & que d’un autre côté le reste des Alimens acides dans le séjour qu’ils font sur les Dents, joints aux Sels âcres & à la Salive, fassent impression sur l’Émail, l’altère & le ronge, ce qui arrive le plus souvent entre les Dents, ou vers le Collet ou dans le milieu de la Couronne, à cause de la facilité qu’ont les Alimens à y rester (p. 42-3). Suivent tous les remèdes de la plus petite carie à la plus grave qui se termine par l’extraction. N’oublions pas que c’est un ouvrage ouvert à tous. Du craquement des Dents Bruit que produit la mâchoire inférieure par le mouvement involontaire & convulsif de ses Muscles (…), ce bruit est très ordinaire dans le froid extérieur & dans les fièvres intermittentes ; alors le Craquement n’annonce rien de funeste. Celui qui arrive à certaines personnes pendant le sommeil n’est pas plus à craindre ; mais elles trouvent leurs Dents usées par le frottement jusqu’à la Gencive, sans avoir ressenti beaucoup de douleur, sans s’apercevoir de la cause & du bruit que fait ce craquement. Pour ce bruxisme pressenti pour la première fois : on saigne, on purge & on calme ces mouvements par les Antispamodiques (p. 62-4). De l’Agacement des Dents Concernant cette entité un peu mystérieuse que l’on peut rapprocher de la Stupor Dentis ou esgassure de Hémard, c’est : cette impression importune qui se fait sentir aux Nerfs plus ou moins vivement selon la force de la cause qui le produit. Il en voit deux sortes : une externe (l’air agité ou le suc acerbe de certains fruits) et une interne (sang âcre & mélancolique, une Pituite mordicante). A propos de cette dernière, on est intéressé par l’approche presque psychosomatique que Geraudly nous rapporte : j’ai guéri une personne de Nom (à noter le respect du secret, peu fréquent à l’époque) d’un agacement qui se faisait sentir à toutes les dents. Cette Maladie ne lui laissait la liberté de se faire entendre que par écrit, car il ne pouvait point parler ; la source d’un si grand mal était un chagrin. Je l’ai guéri en peu de jours (p. 65-6). On ne s’arrêtera pas sur les chapitres sans intérêt particulier consacrés aux maladies diverses des gencives. Troisième partie : Des moyens de conserver les dents en bon étatIls se réduisent à deux ; sçavoir, à redresser la Nature dans ce qu’elle a de défectueux, & éloigner tout ce qui peut altérer la beauté des dents. De l’Égalité des dents La lime sera utilisée avec précaution et, de préférence, sauf nécessité, pas avant l’âge de huit ou dix ans & même plus tard (p. 110). De l’arrangement des dents L’absence d’une Dent qui est tombée ou qui a été arrachée à dessein ou par hazard, interrompt l’ordre et la continuité des Dents (p.116). Il faut immédiatement la remplacer par la transplantation d’une dent étrangère, de préférence celle d’un jeune homme entre 12 et 15 ans (p.118) : ces dents naturelles durent longtemps : il y a des personnes qui en conservent encore, et qu’il y a près de trente ans que j’ai mises (p. 120). On pourrait s’étonner, pour ne pas dire se scandaliser de ces fréquents pillages de dents chez les pauvres gens, pratiques qui ne semblent avoir donné aucun scrupule à ceux qui y procédaient ou à ceux qui en bénéficiaient. Enfin si la dent manque depuis longtemps, il faut recourir aux dents artificielles. Des dents déjettées Quand les Dents secondes croissent, elles trouvent de la résistance du côté de la Dent de Lait (p. 124). Les conseils pour les extractions pilotées sont à la prudence : car si on arrachait trop tôt une Dent de Lait, on s’exposerait à emporter avec elle une petite portion de la mâchoire, qui est alors trop tendre, ou à enlever le germe de la deuxième Dent. Comme cette faute serait irréparable, il vaudrait mieux hazarder que la dent fût de travers que de se tromper si désavantageusement (p. 128). Si l’on est obligé de redresser les dents, il vaut mieux ne le faire qu’à des personnes au-dessous de vingt ans, quoiqu’il me soit arrivé d’avoir redressé des Dents luxées à des Adultes : je les repoussais doucement dans leur place naturelle ; ensuite je les assujettissais aux autres Dents, à la faveur d’une lame d’or ou d’argent, percée de plusieurs trous. J’y passais des Fils cirés, que je liais aux autres Dents (p. 129). Suit le régime du Malade simple et humectant, Bouillons, Potages & œufs frais pendant quinze jours, et avoir soin de laver la Bouche avec des liqueurs astringentes (p. 129). On ne peut redresser que les Dents Incisives & quelques unes des Canines parce que ces Dents n’ayant qu’une Racine, se mettent plus aisément dans la situation qu’on veut leur faire prendre (p. 130). Et s’il y a beaucoup de dents mal rangées, pour ménager la personne, il ne faut pas les redresser toutes à la fois (p. 131). Suivent des chapitres sur le tartre, la blancheur des dents et les moyens de la conserver. La conclusion de cette troisième partie est intéressante car Geraudly est l’un des premiers à attirer l’attention sur les soins dentaires scolaires : Les Pères de famille qui ont des Enfans dans des Pensions ou dans des Communautés devraient envoyer de tems en tems un Chirurgien-Dentiste pour visiter leur Bouche ; & par ce soin, s’épargner le repentir du déplorable état où leur négligence exposerait cette innocente victime (p. 156). Conclusion
Bibliographie
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